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"Il faut un chef": le PDG de Dassault Aviation défie encore Airbus sur le Scaf malgré les appels de Merz et Macron
information fournie par Boursorama avec Media Services 01/04/2026 à 14:25

Le président de la République française et le chancelier allemand avaient clamé leur volonté de relancer le projet de chasseur européen du futur, dans une tentative de médiation entre les deux rivaux de l'aéronautique. Pas de quoi faire dévier de sa ligne Eric Trappier, toujours opposé au principe de co-construction.

Eric Trappier, le 10 mars 2026, à Bordeaux ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

Eric Trappier, le 10 mars 2026, à Bordeaux ( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

"Je ne suis pas un homme de cogestion". En dépit des efforts de rapprochement entrepris par la France et l'Allemagne sur le dossier du Scaf, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a indiqué mercredi qu'il souhaitait toujours davantage d'autonomie face à Airbus , alors qu'une médiation est engagée pour sortir de la querelle industrielle.

Lors d'une intervention au forum Guerres et paix organisé par le magazine Le Point , le patron du groupe industriel français a une nouvelle fois écarté la piste d'une direction à plusieurs têtes pour piloter le projet de système de combat aérien du futur, qui bute sur les intérêts divergents entre les deux rivaux de l'aéronautique. "Je ne suis pas pour qu'un projet industriel ambitieux qui va servir à nos armées soit cogéré. Il faut un chef" , a déclaré Eric Trappier, mercredi 1er avril.

"On se donne encore un petit peu de temps, 2-3 semaines pour essayer de trouver un accord entre Français et Allemands, entre Dassault et Airbus, pour trouver un équilibre qui permettrait de continuer le projet", a-t-il précisé.

Dassault Aviation, qui représente la France dans ce programme, refuse depuis des mois d'être simplement l'un des "co-co-co" face à Airbus, qui agit pour le compte de l'Allemagne et de l'Espagne, dans ce projet de construction de l'avion de chasse destiné à remplacer les Rafale et Eurofighter. "On va faire un avion qui succédera au Rafale, il faut qu'il conduise des missions et qu'il aille sur un porte-avions (...) Ce sont des conditions majeures" , a insisté Eric Trappier.

Le F-35 a profité de la direction diluée de l'Eurofighter

Le dirigeant a une nouvelle fois évoqué le précédent du match entre Rafale et Eurofighter, avec les industriels américains (Lockheed Martin en tête) pour tirer les marrons du feu. "Rafale, on l'a fait tout seul, on sait faire tout seul et Eurofighter, ils l'ont fait à quatre", a-t-il ajouté, en faisant référence au Royaume-Uni ainsi qu'à l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. "Sur ces quatre pays, trois ont acheté des F-35" américains, a-t-il dit, en se demandant si cette situation avait "contribué à l'Europe de la défense". "Le Rafale est une réussite technique, opérationnelle ET financière. Il n'y a pas d'équivalent dans le monde" , a encore fait valoir Eric Trappier.

Le 19 mars, le président français Emmanuel Macron avait annoncé qu'il avait décidé avec le chancelier allemand Friedrich Merz de lancer une "mission de rapprochement" pour tenter de réconcilier Airbus et Dassault. M. Merz s'est dit vendredi déterminé à sauver le Scaf avec la France, tout en admettant qu'il avait failli abandonner ce projet en difficulté.

Le programme Scaf a été lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel, alors chancelière. L'Espagne avait rejoint ce programme plus tard. Il est considéré comme un symbole de la coopération en matière de défense et de sécurité entre la France et l'Allemagne, les deux puissances européennes cherchant à présenter un front uni face à une Russie hostile et à un engagement américain de plus en plus hésitant en matière de sécurité européenne.

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4 commentaires

  • 15:54

    Les consortiums européens Airbus et Ariane sont-ils des fiascos et des incohérences industrielles et politiques ? Je trouve qu'éviter la main-mise et le monopole d'une entreprise privée nationale comme Dassault sur un avion de défense européen est faire preuve de bon sens après l'expérience avec les Etats-Unis de Trump et avec une MLP viscéralement anti européenne aux portes du pouvoir en France. Confieriez vous un projet de défense européen à la Hongrie de Orban?


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